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L'imperceptible n'est pas forcément remarquable

 

Décembre 2010. Quartier des Chartrons à Bordeaux. Une dizaine de jeunes artistes sont invités à investir sur trois étages le bâtiment du 66 rue Notre-Dame. Sculptures, peintures, dessins, installations, vidéos sous le pré-texte de L’imperceptible n’est pas forcément remarquable se côtoient et ouvrent la mémoire du lieu.

 

 

 

 

La maison en pierre de taille s’organise autour d’un escalier hélicoïdale qui dessert l’ensemble des pièces. L’escalier est ce qui lie les différents espaces, les différentes pièces chargées d’histoires. Il lie également les niveaux d’une construction. C’est un peu l’épine dorsale de la structure architecturale. C’est un lieu de passage qui amène à différents états. Enfin, c’est l’endroit même où l’effort, presque la punition, par acte ascendant permet l’accès à une vision différente. Point de vue. C’est donc cette colonne que j’ai choisi pour y inscrire une écriture. Accompagnant le chemin de celui qui par effort gravit les quarante-huit marches. Discrète pénitence. L’acte d’écriture invisible sur le parcours ascensionnel conjugue l’apprentissage de la difficile communication au plaisir de l’enrichissement par la connaissance. À sa plus haute extrémité, l’installation s’organise comme une molécule d’ADN où chaque passager serait en somme un ARN[1] messager, répliquant à l’extérieur ce qu’il était venu acquérir à l’intérieur. Hommes, femmes, enfants venus pour « s’informer » repartent avec des souvenirs empreint de la mémoire du lieu. Toutes les œuvres étant liées à cette écriture génique. Le message devait forcément être le titre de l’exposition qui comptait comme par hasard — espace compris — quarante-huit caractères.

 

[1] L’ARN est une copie de la molécule d’ADN. Elle permet la synthèse des protéines à l’extérieur du noyau de la cellule. Elle préserve ainsi le code génétique initial de l’ADN à l’intérieur du noyau cellulaire.